Histoire de l’association des Clefs d’Or France

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Le Mot de l’archiviste
Lorsque le Président Roderick Levéjac et le Vice-Président Lionel Lorans m’ont chargé de regrouper les informations sur les Clefs d’Or, afin de créer un livre-souvenir anniversaire sur l’épopée Clefs d’Or et ses 80 ans d’histoire, je n’avais aucune idée du travail à accomplir. Les archives Clefs d’Or contiennent des « trésors » de souvenirs ; faut-il encore les dénicher ! Malgré les railleries (bien sympathiques) du Comité, avec la question rituelle « dans quel Hôtel travaillait le Président Fondateur Pierre Quentin en 1929 ? », Il m’a fallu « un certain temps » pour le savoir avec certitude mais, « Euréka » j’ai enfin trouvé la réponse « l’Hôtel Ambassador ».
J’ai donc « fouiné » ; un autocollant Clefs d’Or par-ci, une lettre intéressante par-là, un insigne, une médaille commémorative, des photos sur lesquelles il était parfois difficile de mettre un nom sur des visages que l’on n’a pas connu, des documents de toutes sortes comme la lettre des 30 ans des Clefs d’Or du premier Président Fondateur Pierre Quentin à M. Ferdinand Gillet, autre Président Fondateur de l’Union européenne.
Toutefois, il se peut que des erreurs de date ou de lieu aient été commises, malgré le soin et toute l’attention apportés à la rédaction par la commission du « service de renseignements du passé » ! Vous voudrez bien nous en excuser et nous faire parvenir vos observations, rectificatifs ou archives secrètes, afin d’améliorer notre travail.
Nous espérons que ce livret souvenir vous plaira, et que vous le garderez très longtemps, au moins jusqu’au Centenaire des Clefs d’Or (mais je ne serais certainement plus là pour vous aider).
Pierre PINCHEMEL

 

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Le présent recueil à été entièrement réalisé par des membres du Comité directeur des « Clefs d’Or » France 2007-2010 avec l’aide de quelques retraités.

Les Membres du Comité de rédaction (2009)

1 – Cyril Thourier-Josse, Secrétaire National
2 – Esther Baldocchi, Secrétaire Administrative
3 – Roderick Levéjac, Président National
4 – Lionel Lorans, Vice-Président
5 – Emmanuelle Hordequin, Secrétaire Nationale Adjointe
6 – Pierre Pinchemel, Retraité et Responsable des archives

Les informations et les différents documents présentés dans cet ouvrage sont tirés des nombreuses archives des Clefs d’Or conservées au bureau de la rue Cambon à Paris.
Pour réaliser cet ouvrage, nous avons repris l’historique portant sur la période 1929-1975, par Victor Ducarton, Secrétaire National et International des Clefs d’Or pendant de nombreuses années. Cet historique a été enrichi en reprenant tous les comptes-rendus de réunions, tous les rapports du Comité de Direction, les procès verbaux des assemblées générales et grâce à la découverte de nombreuses pièces d’archives très intéressantes et jusqu’ici jamais exploitées.
La relecture, la vérification d’informations et un important travail d’investigation nous ont permis de corriger certaines imprécisions qui s’étaient glissées dans des documents et pérennisées dans le temps. Ces corrections portent essentiellement sur des dates, des numérotations, des confusions de noms ou de lieux.
L’historique portant sur la période allant de 1975 à 2009 a été réalisé principalement à partir des comptes-rendus nationaux et internationaux des réunions du comité directeur, du « Board of Directors », de « l’Executive Committee » et des assemblées générales, ainsi que des revues internationales.

Cet ouvrage dresse un inventaire historique et chronologique complet de l’histoire des Clefs d’Or France, mais aussi en parallèle de l’histoire de la création de l’Union Européenne devenue internationale par la suite.
Il se veut, également être un outil pédagogique qui présente des éléments actuels sur la profession de Concierge d’hôtel et les moyens de le devenir.
Ce présent recueil s’adresse à tous nos membres, à toutes les personnes intéressées par notre histoire, mais aussi à tous les nouveaux concierges d’hôtels rejoignant les Clefs d’Or dans le but de leur transmettre un historique complet de notre association, de les sensibiliser sur l’importance de cet héritage et de leur apporter la force et l’esprit indispensable pour mieux appréhender l’avenir et faire perdurer cette formidable union.
Nous espérons que vous prendrez autant de plaisir à lire ce livret que nous en avons pris à le réaliser.

Définition du terme « Concierge » :
Ce mot (qui était orthographié CUMCERGE en l’année 1195) a une origine douteuse.
Il vient probablement du mot latin CONSERVUS qui signifie compagnon de service. Historiquement parlant, le CONCIERGE était un « officier » de la maison du roi.
Depuis Hugues « Capet » (roi des Francs 957-996) jusqu’à Louis XI (roi de France 1461-1483) le concierge habitait le palais de la Cité; il était pourvu de droits et prérogatives multiples : en son nom les baillis exerçaient toute justice : haute, moyenne et basse. En 1712, le Châtelet fut chargé par un édit royal, de connaître des causes qui anciennement était du ressort du concierge.
Au XVIIIème siècle on désignait par le nom concierge l’artiste qui était « conservateur » d’un palais, par exemple le Palais du Luxembourg.
En droit moderne le (ou la) concierge est celui (ou celle) qui a la garde d’un immeuble, d’une maison importante : étant le préposé du propriétaire. C’est ce dernier qui est responsable des fautes que le concierge peut commettre envers des tiers dans l’exercice de ses fonctions.
La Conciergerie
Ce terme apparaît au XIVème siècle. Il désignait alors l’étendue de la juridiction de l’officier royal qu’était le concierge. De nos jours, il désigne les fonctions d’un concierge d’immeuble et d’une manière plus particulière la demeure du concierge ou le bâtiment qui lui est attribuée. Anciennement et par extension « La Conciergerie » était le nom donné à la prison célèbre qui était enclavée dans les bâtiments du Palais de Justice au temps où ce palais (résidence des rois de France) servait de logement à l’officier royal qui était « concierge » (et que plus tard on nomma « bailli du palais »).
Paul MARIOTTE (Février 1985)
(Extrait de la Revue Internationale N°129)

Sommaire

Préambule. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .13
Lettre de Ferdinand Gillet à Pierre Quentin  . . . . . . . . . . . . . 14
Réponse de Pierre Quentin. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

PREMIÈRE PARTIE
Historique des Clefs d’Or – 1929-1975. .  . . . . . . . . . . . . . . . .18

DEUXIÈME PARTIE
Historique des Clefs d’Or France et de l’Union Internationale – 1974-2009 . . . . . . . . . 38
Parcours «Clefsd’Or» des différents Présidents Français . . . . . . . 81
Courriers du Président Ferdinand Gillet – Anecdotes. . . . . . . . . . . .92

Morceaux choisis du livre «LeHall» par Marcel Cacciolato . . . . . 104

FPE (Formation Professionnelle d’Etablissement – Concierge d’Hôtel)
Message de Bienvenue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  . . . . . . . . . 114

Formation Professionnelle d’Etablissement – Concierge d’Hôtel. . . . 115
Le Métier de Concierge d’hôtel – Contenu de la formation. . . . . . . . . . 115
Déroulement de la formation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .117
Recrutement-Commission responsable de la formation  . . .. . . . . . . . .118
Photos des promotions de la formation. . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
Les Clefs d’Or à travers le Monde. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120

Remerciements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
Préambule

L’idée de constituer un groupement des concierges d’hôtels n’est pas neuve. Une amicale de ce genre existait en 1908. Elle disparut en 1914 au cours de la Grande Tourmente.
Bien que les concierges ou portiers d’hôtels portaient déjà au revers de leurs très beaux uniformes des clefs croisées, le nom de « Clefs d’Or » n’était pas encore utilisé. D’autres ébauches d’amicales furent esquissées dès l’année 1919, à la faveur de la renaissance d’une vie économique plus stable, mais formées d’éléments hétérogènes et d’activités divergentes ; manquant d’expérience, elles s’éteignirent, comme elles vécurent, sans bruit.
L’après-guerre fut une période où apparurent de tous côtés et dans tous les domaines de l’activité sociale, des mutuelles, des associations, des syndicats, des amicales, dont quelques-uns atteignirent un degré enviable de solidité et de prospérité.
A quoi tint ce retour du Français vers la notion de solidarité ? Ne peut-on pas y voir l’une des conséquences inévitables de la catastrophe qui, durant quatre années, rassembla sous le même uniforme des quantités d’hommes, de situations, de cultures et d’éducation diver-rent abstraction de leur individualité au profit de la collectivité pour atteindre plus sûrement l’objectif commun. Cette discipline de l’esprit et cette abnégation, acquises et développées au cours de la période héroïque, avaient, d’instinct ressuscité chez la plupart cette notion d’altruisme et réveillé chez les meilleurs et les plus avisés ce goût d’action au profit de l’intérêt commun.
C’est assurément de cet esprit qu’est née l’idée d’une Union des Concierges des Grands Hôtels. Elle était dans l’air. Il ne fallait que l’entente de quelques camarades pour la matérialiser.

On ne pouvait commencer cet ouvrage sans évoquer la base, c’est-à-dire l’origine du mot Concierge. Puis vient la forme avec les prémices de regroupement des personnes effectuant le même métier de concierge d’hôtel. Mais comment expliquer le fond, cette motivation, mieux que Pierre Quentin lui-même. Nous avons donc choisit d’ouvrir notre livre d’histoire avec la correspondance entre Pierre Quentin le Père Fondateur, et Ferdinand Gillet, qui marchant sur ses traces sut organiser et faire prospérer l’Union des Concierges d’Hôtels les « Clefs d’Or ».

Lettre de Ferdinand Gillet à Pierre Quentin

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Réponse de Pierre Quentin :

 

Cher Président et Ami,

Du fond de ma retraite et à ton aimable requête, je vais me remémorer le mieux possible les faits, circonstances et difficultés qui ont préconisé et donné naissance à notre Amicale. Dans le courant de Septembre 1929, entraîné par quelques Amis, j’allais assister à une Réunion de la société des Interprètes de Paris, qui se tenait dans un Café, rue du 4 Septembre. J’y rencontrais d’autres amis interprètes. Au cours de cette soirée, l’un d’eux me suggère d’adhérer à cette Association. Je me laissais entraîner et posais ma candidature ainsi que d’autres amis. A notre surprise et bien que remplissant à peu près les conditions requises, nous ne fûmes pas admis comme Membres Actifs. Pourquoi ! Nous étions concierges d’Hôtels. En sortant, nous discutâmes le coup et de cette discussion, l’idée nous vint spontané- ment. Puisque l’on ne veut pas de nous, pourquoi ne ferions-nous pas comme eux ? Fondons une Amicale des Concierges d’Hôtels. Pourquoi pas ! Ca y était, l’idée était lancée, il ne restait qu’à la réaliser ! Le plus dur restait à faire. Chacun de nous commença à lancer l’idée et à prospecter selon ses moyens parmi ses camarades. Pour ma part, je contactais quelques bons amis et en parlais à quelques Directeurs – Chefs de Personnel et de Réception. Tous m’approuvèrent et trouvèrent l’idée excel- lente. D’autres collègues sympathisèrent aussitôt. Mais il y eut aussi des réticents. Ceux-ci voyaient l’Association comme une mésentente entre diverses sociétés hôtelières, patrons et directeurs.

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Je fis de mon mieux pour les en dissuader et nous fûmes récompensés d’avoir passé outre à leur objection lorsque ces mêmes vinrent d’eux-mêmes, quelque temps plus tard adhérer à l’Association. Je les en remercie, car cela nous donna plus de confiance dans le destin de l’Association.
Enfin nous avions déjà formé un petit noyau lorsque je reçus la visite d’un Monsieur qui avait, lui aussi, entendu parler de notre idée et en était enthousiasmé. Nous primes rendez-vous pour le soir même et nous discutâmes de la question. Ce Monsieur, très au courant de la question hôtelière et des Associations, car il venait de quitter une Association qui venait de se dissoudre, me mit au courant de bien des choses que nous ignorions dans ce domaine. Bref ! Il m’enchanta et se mit bénévolement a notre disposition pour effectuer toutes les démarches et les autorisations nécessaires pour créer une Amicale. Ce Monsieur s’appelait Monsieur Berthollier, que tous les Collègues du début ont bien connu et apprécié. Homme droit et consciencieux, il fit toutes les démarches et réussit au bout de quelques jours, ne ménageant ni son temps, ni sa peine. Nous lui devons beau- coup et je regrette qu’il ne soit plus pour pouvoir se rendre compte du développe- ment de notre Amicale de 1929. Je lui dois toute ma bien sincère reconnaissance pour tout ce qu’il a fait pour l’Amicale.
Un jour, un collègue émit l’idée de se réunir pour un dîner et lança des invitations. Le jour fixé, nous nous rencontrâmes chez NOEL PETERS. L’on comptait se trouver une vingtaine. Désenchantement, nous n’étions que onze et encore parmi ces onze, quelques uns ne se connaissaient que de nom.
Bref, dans l’ambiance du dîner, très amicale- ment, nous fîmes le point et décidâmes sur le champ de former un Comité provisoire. Bien qu’étant un des benjamins de la Réunion, je fus un peu surpris d’être élu Président provisoire. Je tâchais de tergiverser mais fus contraint d’accepter. Je posais alors comme condition que tous les présents res- tent à mes côtés avec Monsieur Berthollier, comme Directeur. Ce fût accepté à l’unanimité. Le Comité provisoire étant formé, il n’y avait plus qu’à continuer à propager et a recruter des Membres Actifs. Chacun se dévouait le plus possible dans sa sphère et l’on commença à y voir un peu plus clair. Je trouvais un local où l’on put établir un bureau. C’était déjà la crise du logement et ce n’étais pas facile. Pauvre petit bureau de la rue du 29 Juillet ! L’on travailla dur et ferme pour l’établissement des statuts. Acceptation des Membres Actifs, Adhérents, Bienfaiteurs et Honoraires car il fallait penser à la Trésorerie et il n’y avait rien en caisse. Grâce à la diligence de chacun et à la gentillesse d’une brave dactylo de l’Ambassador, qui bénévolement nous tapa circulaires, lettres et tout ce qu’il fallait, tout fût mené à bien en quelque temps.
L’Association étant reconnue de fait et grâce au travail et dévouement du Comité Provisoire l’on put lancer une Assemblée Générale Consultative qui eut lieu le 27 Novembre 1929. L’on réussit à réunir environ 75 Membres Actifs de Paris plus des adhésions de province. C’était pour un début, un assez bon résultat. Les Statuts furent adoptés et l’Amicale pris le nom « Union Professionnelle des Concierges des Grands Hôtels » que l’on baptisa par la suite « LES CLEFS D’OR »
J’en fus élu Président et conservais le Comité Provisoire ainsi que Monsieur Berthollier comme Directeur. Il l’avait bien gagné le brave. Je me souviens le voir arriver vers les 18 heures, trempé, suant, me raconter le travail qu’il avait fait toute la journée. Heureusement, le Bar était proche et nous nous réconfortions !
Nous complétâmes le bureau en y ajoutant de nouveaux Collègues pour arriver à avoir le nombre suffisant de représentants.
Beaucoup  parmi tous ces camarades du début ont disparu, enlevés, hélas trop tôt pour pouvoir se réjouir de l’œuvre qu’ils ont créée. Je leur garde à tous mon ineffable souvenir et toute ma gratitude. Donc nous continuâmes notre expansion, mais nos moyens restaient cependant limités pour les frais à envisager. Mais l’appui moral et spon- tané des Collègues à la Réunion Consultative nous donna la joie et la volonté d’accéder au but que nous nous étions fixés. Je remercie bien sincèrement tous ceux qui par leur dévouement et le concours qu’ils nous ont apporté et particulièrement tous les Membres du Comité Provisoire ainsi que leurs successeurs qui ont continué notre ébauche. Beaucoup de Collègues ne se ren- dent pas compte du travail et de l’abnégation nécessaires pour mener à bien, sans trop de heurts, une association. Ceci, nous le devons tous au travail acharné et désintéressé des Présidents et Membres du Bureau, qui par leur dévouement sont arrivés à faire de notre Association, cette belle société dont tous les membres peuvent être fiers.
Grâce à mes amis, François Dechaume qui m’a succédé et à Ferdinand Gillet, l’actuel Président et fondateur de L’U.E.P.G.H. qui tient les rênes de la société, chacun de nous, Membres de cette Société, fait que dans chaque Pays représenté, nous pouvons compter sur un ami sûr, en qui, quoi qu’il puisse arriver, nous pouvons avoir confiance et ce réciproquement.
Ceci est énorme et pour que tout aille bien, restons toujours unis. Je termine en souhai- tant à tous, travail, santé et prospérité. Bien sincèrement et amicalement.
P. QUENTIN Président Fondateur

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                                                  Bulletin d’adhésion de Pierre Quentin

Historique des Clefs d’Or – Première Partie
De tout temps, dans la grande Hôtellerie, l’hôtellerie de Tourisme, celle des stations climatiques, thermales et balnéaires, la silhouette et la personnalité du PORTIER, ont joué un rôle essentiel.
Le soin permanent dont font preuve les administrations et les directions lorsqu’il s’agit de s’adjoindre ce collaborateur marque la valeur qu’elles attachent à cette fonction de confiance et la
considération qu’elles portent à un aussi précieux auxiliaire.
Le PORTIER – on dit aussi CONCIERGE – apporte sa collaboration dans l’accomplissement de multiples tâches, qui font de lui un chef de service : de l’entreprise à laquelle il est attaché, il connaît tous les rouages, il est un peu comme le centre nerveux vers lequel convergent les problèmes majeurs ou mineurs les plus divers qui concernent la clientèle et qu’il faut toujours résoudre vite et sans erreur.
Aussi, les qualités qu’on exige de lui sont-elles multiples : bonne tenue, accueil courtois, expérience et connaissance des langues doivent s’ajouter à l’indispensable bagage professionnel : bonne érudition touristique, connaissance du fonctionne- ment des services postaux nationaux et internationaux, tout ce qui concerne les voyages, chemins de fer, bateaux, avions, etc. Cet ensemble de base, auquel doivent s’ajouter des qualités nombreuses et variées, forment un tout qui constitue les « capacités professionnelles » dont dépend la confiance de l’employeur et de la clientèle, que tout bon élément finit toujours par s’attirer A la faveur des relations amicales qui se nouent tout naturellement entre artisans d’une même profession, il apparut bientôt combien l’efficience du PORTIER pouvait gagner à l’extension de rapports confiants et suivis entre collègues.
Ces premières manifestations d’entente et de coopération, limitées à l’origine, ne tardèrent pas à s’étendre et à se révéler fructueuses.
L’évolution considérable qui se manifesta dans tous les domaines entre les deux guerres et le développement touristique qui en résulta multiplièrent les problèmes, accélé- rant le mouvement, bousculant bien des routines du métier. C’est alors que se révéla la nécessité d’un développement des échanges amicaux entre nous.
Cette idée allait faire son chemin pour aboutir le 6 octobre 1929 à la création des « CLEFS D’OR », officialisée le 26 octobre 1929 au cours d’une cérémonie au Restaurant Noël Peters 24, Passage des Princes Paris 2ème, puis enterinée lors de la 1ère assemblée générale le 27 novembre 1929 en présence de 75 personnes.
Onze portiers de Paris (1) réunis, animés par un sentiment de franche camaraderie et par des convictions communes, voyaient avec joie se réaliser ce jour là le proje conçu par leurs soins.
Note 1
Bien que jamais clairement précisé dans aucun procès verbal, nos recherches dans les archives de 1929, 1930 et 1931 nous permettent de dresser la liste des onzes membres fondateurs avec leur numéro d’adhérent : N°1. Pierre Quentin : Hôtel Ambassador à Paris, N°2. L. Righi : Hôtel Royal- Malesherbes à Paris, N°3. M. Masson : Hôtel non déterminé, N°4. J.F. Carrère : Hôtel Algéria à Alger, N°5. S. Savi : Hôtel Carlton Paris, N°28. J.L. Daniel : Hôtel Chambord Paris, N°29. E. David : Hôtel non déterminé, N°30. F.E. Dechaume : Hôtel d’Albe Paris, N°36. H. Dudal : Hôtel Reynolds à Paris, N°63. F. Laurençot : Hôtel Windsor Paris, Mr. Teush : Activité non déterminée.

Monsieur Pierre Quentin prenait la présidence de l’association naissante pour 3 ans.
Le premier siège des Clefs d’Or eut pour adresse le 7 rue du 29 Juillet à Paris 1er, puis déménagea en 1932 au 217 rue Saint- Honoré (immeuble où résidait Pierre Quentin).
En 1936, les Clefs d’Or s’installèrent au 12 rue Cambon à Paris 1er.
Bientôt les adhésions affluèrent de toutes parts. La majeure partie des Portiers des grands hôtels de France rallièrent l’Amicale.
La sévérité des statuts dans la sélection des membres admis permet de considérer ces derniers comme une élite de la profession. A la faveur d’un développe- ment rapide et d’une expansion continue, les buts originels ne tardèrent pas a être dépassés. Après une période de rodage, l’association établie sur des bases solides évolua à grands pas. L’orientation allait désormais se porter vers des créations nouvelles :
Œuvres sociales, placement, affermisse- ment et entretien des relations amicales étaient à l’ordre du jour. Au cours de l’Assemblée Générale du 22 Octobre 1932, Monsieur François Dechaume succéda à Monsieur Quentin à la présidence.
Au cours de cette assemblée, Pierre Quentin fut proclamé à l’unanimité Président d’honneur. François Dechaume, entouré de membres du comité sortant et de nouveaux camarades, sut apporter à cette tâche l’énergie et le dynamisme qui la firent prospérer.
Au début de l’année 1933, Monsieur Berthollier (Directeur 1930-1931), un des animateurs de la première heure, se retira pour une retraite bien méritée.
Le comité continua à œuvrer au développement de l’association. Entre autres réalisations importantes, il faut signaler « LE GUIDE ANNUAIRE PROFESSIONNEL » créé dès 1930, intermédiaire permanent entre les membres actifs, bienfaiteurs et honoraires des « CLEFS D’OR » et guide touristique indispensable.
Les années 1933 et 1934 furent des années difficiles en raison de la crise qui frappait le monde. Pour maintenir la trésorerie, il fallut baisser les cotisations des membres et trouver de nouveaux membres honoraires parmi les plus réputés des commerçants ignorant encore l’existence de l’association. En 1935, le mouvement touristique en France marqua un léger progrès attribue pour une bonne part au Jubile de Sa Majesté George V à Londres et à l’Exposition Internationale de Bruxelles qui amenèrent en Europe un nombre important de visiteurs.
Le 22 Octobre 1935, à l’assemblée générale annuelle, Le Président Dechaume vint rendre compte de la marche de la Société et de tout travail effectué au cours de l’année, en même temps qu’il remit sa démission ainsi que celle de son Comité élu avec lui dont le mandat arrivait à expiration. Mais celles-ci furent formellement refusées et un vote unanime de confiance et d’estime porta à nouveau Monsieur François Dechaume et son Comité à la tête de la Société.
1936 ! D’une manière plus sensible encore qu’au cours de l’été 1935, le mouvement touristique semblait dès le printemps devoir progresser en faveur de la France, quand survinrent les évènements du mois de juin (2), dont les fêtes de Paris souffrirent considérablement. Dès l’origine de ce mouvement, le Comité des « Clefs d’Or » se dépensa sans compter pour assurer la défense des intérêts professionnels de la Corporation au sein des Syndicats patronaux et ouvriers, durant la période trouble et combien angoissante de l’élaboration du contrat collectif.(2)
Etant donné la situation tout à fait particulière du Concierge, son rôle de chef responsable du service du Hall, respectueux de la discipline et des principes qui veulent que le personnel de maîtrise d’un Hôtel soit lié par une sorte de contrat moral à l’égard de la Clientèle, la tâche s’avérait aussi délicate que difficile.

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Note 2

7 juin 1936 : Accords Matignon sous la présidence de Léon Blum entre la Confédération Générale de la Production Française (syndicat des patrons) et la Confédération Générale du Travail (syndicat des salariés). Ces accords reconnaissent le droit syndical dans les entreprises, l’élection de délégués de personnel, une augmentation des salaires de 7 à 15% . Le patronat s’engage aussi à appliquer les lois dont les projets vont être déposés sur le bureau de la Chambre : lois sur les contrats collectifs, les congés payés et la semaine de 40 heures (A.D.1 M 27). Ces accords ont été obtenus par la pression d’un immense mouvement de grèves dans tout le pays. 10 et 11 juin 1936 : vote des lois sur les contrats collectifs, les congés payés et la semaine de 40 heures.

Le Délégué des « Clefs d’Or » fut agréé à la fois par la délégation patronale et par la délégation ouvrière, et siégea ainsi à toutes les réunions et séances, où il eut à présenter et défendre le statut du Concierge qui avait été élaboré par les soins de son Comité.
Reconnaissant de part et d’autre le bien fondé des revendications exposées par les parties en présence, il s’efforça avant tout de tenir, dans la mesure du possible, un rôle conciliateur, en s’employant à calmer l’orage souvent prêt à éclater, au cours des séances que nécessitait la mise au point laborieuse d’intérêts totalement divergents.
1937 fut l’année de l’Exposition Internationale à Paris. Le Service de propagande du Commissariat Général de l’Exposition avait fait l’honneur d’agréer le Groupement des « Clefs d’Or » comme délégué officiel auprès des Concierges et Bureaux de renseignements des Grands Hôtels de l’Etranger, ce qui suscita de nombreux échanges.
1937 vit également la naissance de la section des Clefs d’Or de Belgique. En 1938 le mouvement touristique fut important et près de 900 000 étrangers séjournèrent dans notre pays.
La province et particulièrement nos régions touristiques connurent des hausses remarquées variant de + 20 % à + 50 % et cela malgré les graves évènements internationaux qui survinrent juste avant les saisons d’été et d’automne et qui menacèrent la Paix en Europe.Les Clefs d’Or maintinrent leurs bonnes relations avec les membres sympathisants de l’Association à l’Etranger. Un douloureux évènement, au sein même du Comité, affecta cette année notre Société avec la disparition prématurée du très cher collègue MASSON, trésorier, Membre Fondateur de l’Amicale et ardent pionnier de ses débuts. Ce deuil marqua un grand vide parmi nous. Le 26 octobre 1938 eut lieu l’Assemblée Générale annuelle. Le Président F. Dechaume, après avoir minutieusement exposé l’activité de la Société au cours de l’année – plus particulièrement déployée dans tous les domaines apparentés à l’Hôtellerie et au Tourisme – remis sa démission ainsi que celle du Comité, élu avec lui pour trois ans, au scrutin de 1935. Pour la deuxième fois cette démission fut énergiquement refusée et un vote magnifique de confiance maintint pour trois nouvelles années M. François Dechaume à la tête des Clefs d’Or.
Ce dernier s’appuyant sur l’entente absolue et la collaboration efficace du Comité démissionnaire sollicita et obtint l’agrément de ses Membres pour un nouveau bail de trois ans.
Notre fête annuelle du 5 novembre dans les salons de l’hôtel Lutetia à Paris, comme toutes les précédentes, remporta un succès éclatant.
Le Vin d’Honneur fut honoré de la présence des plus hautes personnalités du Tourisme et de l’Hôtellerie. L’estime et la sympathie que notre Société avait su mériter dans la corporation furent largement soulignées par la présence à notre fête de MM. Les Propriétaires, Administrateurs et Directeurs de nombreux Hôtels parisiens. L’Amicale, après ses dix premières années d’existence, pouvait se féliciter d’un développement spectaculaire lorsque éclata la guerre de 1939. Triste période de quatre ans au cours de laquelle le bouleversement général ne devait pas épargner l’association. Mise en veille par les circonstances, l’activité du groupement se poursuivit pourtant au ralenti. Cela permit de soulager bien des détresses et de régler maints problèmes délicats. En l’absence du Président Dechaume arrêté par les allemands, le Vice-Président Ferdinand Gilletassurait l’intérim de la présidence et expédiait les affaires courantes.

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Puis vint la fin de la guerre. (NDLR : nous vous invitons à lire le roman de Pierre Assouline, Lutetia aux Editions Gallimard).
Sans retard, la vitalité de l’association se manifesta de nouveau. Une importante réunion d’information fut bientôt convoquée. Entourée des pionniers du début, le Président, dont la libération avait été une joie pour tous, était parmi nous. (Le Président François Dechaume, avait été arrêté le 27 août 1940, interné à la Prison de Dijon en régime cellulaire pendant 7 semaines, puis transféré en Allemagne où il séjourna dans 8 Prisons différentes. Il fut libéré en 1941).
Cette réunion que présida le vice-Président Ferdinand Gillet, avait pour but de déterminer dans ses grandes lignes l’action future de l’association qui entendait servir utilement l’HOTELLERIE, tout en préservant les avantages professionnels des PORTIERS. Le programme de la prochaine assemblée générale fut mis au point.
Cette assemblée, la première depuis 1938, devait se tint le 30 mars 1946. Après le réunion d’information il était encourageant de constater que loin de se relâcher, les liens d’amitié et l’esprit de coopération étaient plus forts que jamais au sein de l’amicale. Cet état de fait devait se confirmer lors de la réunion de l’assemblée générale qui attira de nombreux délégués régionaux. De tous les coins de France, ils apportaient un appui stimulant. Le Président Dechaume avait, depuis 1932, acquis la confiance des assemblées successives et avait été constamment réélu à la présidence.
Cependant, c’est au cours de la session de 1946, qu’il présidait, qu’il fit part à
l’assemblée des circonstances qui l’amenait à abandonner la profession (3) et en conséquence son poste à la tête de l’Association.
Tout naturellement, le choix de l’assemblée allait se porter pour le remplacer sur la personne du Vice-Président Gillet et lui confier les destinées de l’Amicale. En prenant le flambeau des Clefs d’Or des mains de son prédécesseur, le Président Gillet savait quelle lourde tâche l’attendait. Mais il était animé d’une solide confiance et ne douta jamais qu’il pût compter sur le dévouement des sociétaires et du comité. Tous l’aidèrent sans
défaillance à veiller au prestige de l’association, à continuer les traditions et à poursuivre le développement de l’œuvre si bien commencée.
Le mot d’ordre fut désormais:
« LES CLEFS D’OR » AU SERVICE DE L’HOTELLERIE ET DU TOURISME FRANCAIS.
Avec méthode, la réorganisation allait se poursuivre dans tous les domaines.
Partout les contacts furent renoués, renforcés et multipliés. Les adhésions reprirent un rythme très satisfaisant. Les relations avec les membres bienfaiteurs et honoraires ne furent jamais négligées et bientôt, il fut possible de reprendre la publication du GUIDE ANNUAIRE..
Des rapports avec les collègues étrangers avaient été ébauchés avant la guerre. Ils furent repris et largement étendus. Progressivement tous les liens amicaux et professionnels, les contacts officiels furent rétablis ainsi que les activités du groupement. Mise en sommeil pendant les années sombres, l’Association retrouvait bientôt l’élan, le prestige et l’autorité qu’elle avait acquise au cours de ses dix premières années.

Note 3

En réunion de comité de vigilance le 14 mars 1941, il fut proposé par le Président François Dechaume de transformer l’amicale en syndicat professionnel. Projet qui n’a jamais abouti ! En comité du 14 décembre 1944, il annonça le désir ne pas se représenter comme Président, ses activi- tés actuelles n’étant pas conformes à son poste de Président. Le comité à l’unanimité souhaite que Monsieur François Dechaume demeure Président, mais reporte les charges sur le Vice-Président Monsieur Ferdinand Gillet (page 25 du livrte des AG années 38à 52).

L’importante section RIVIERA (4) s’était également regroupée, alors que des délégués locaux, répartis dans les diverses régions de France, parvenaient à rassembler les membres et à former des sections.
Cette activité ne pouvait aller sans la dépense d’une grande somme d’énergie, de bonne volonté et sans un attachement profond à sa cause commune. Le Président en prit sur lui la plus large part ; se dépensant sans compter, il a entrepris personnellement de nombreux voyages de prospection, pris maints contacts en France, en Afrique du Nord et dans de nombreux pays Etrangers.
Des membres du comité, des membres actifs pleins de dévouement apportèrent leur précieux concours en faisant partout et en toute occasion refléter l’éclat des « CLEFS D’OR ».
Il est juste, à ce propos, de rendre hommage à l’administration de l’Hôtel Scribe à Paris, dont dépendait Monsieur Ferdinand Gillet depuis de nombreuses années. Les facilités toujours accordées par celle-ci au Président pour les affaires « CLEFS D’OR » rendirent à l’Amicale les plus éminents services. Elles sont une belle démonstration de compréhension et d’intérêt à l’égard de l’action menée par l’Association en faveur de l’Hôtellerie, du Tourisme et du développement de la clientèle internationale.
A l’intérieur de l’Association continuait à se renforcer l’entente et à se consolider les rapports mutuels : des réunions, des déplacements en groupe et d’autres occasions de rencontres d’intérêt professionnel en fournissaient la matière.
Cependant, l’évolution s’orienta également vers de plus vastes horizons.
Le progrès prodigieux qui s’opéraient à l’échelle mondiale créaient des conditions de vie nouvelle qui influençaient sensible- ment les conditions du Tourisme et de l’Hôtellerie.
Le souci de faire face avec honneur à de nouveaux problèmes, à des exigences accrues, à un rythme de travail accéléré,  fut pour le PORTIER une préoccupation constante. L’organisation sut faire naître au fur et à mesure les moyens de l’épauler dans l’adaptation qui s’imposait.
A l’extérieur, les adeptes se font de plus en plus nombreux, l’émulation aidant, des groupements se forment, s’organisent, se réunissent.
Les comptes-rendus des déplacements du Président et des membres itinérants du comité montrent combien l’esprit et l’idéal des « CLEFS D’OR » évoluaient partout favorablement.
Une chaîne de l’amitié, de la solidarité, de la serviabilité unissait déjà de nombreux pays d’Europe (France, Allemagne, Danemark, Angleterre, Italie, Suisse, Belgique, Irlande).

Note 4

Riviera : mot italien qui signifie : rivage, fleuve. A cette époque la Riviera était le nom que l’on donnait à la Côte d’Azur. La Côte d’Azur s’étendait de Saint-Raphaël à Menton, le long de la méditerranée, au pied des contreforts des Alpes, regroupant les Hôtel de Saint-Raphaël, Cannes, Nice, Monte-Carlo, Menton. La région Riviera était placée sous la Houlette de Monsieur Léon Sigaut, délégué régional, exerçant de 1930 à 1959 à l’Hôtel Ruhl à Nice.

Les trois grandes journées de CANNES, 25-26-27 avril 1952, consacrèrent brillamment les efforts menés avec patience et persévérance pour la réalisation élargie du but que s’étaient fixé « LES CLEFS D’OR ». Sous cette appellation, les délégués de neuf nations (France, Allemagne, Danemark, Angleterre, Italie, Suisse, Belgique, Irlande, Espagne?) réunis en congrès, allaient, d’un commun accord et en pleine communion d’esprit créer « L’UNION EUROPEENNE DES PORTIERS DE GRANDS HOTELS ».
Les statuts furent adoptés à l’unanimité, le siège socia lfixé à Paris, 12,rue Cambon, et la présidence confiée à Monsieur Ferdinand Gillet.
La consécration officielle fut marquée par la présence à la séance inaugurale de Monsieur Viers, délégué du Commissariat au Tourisme, alors que l’Association Internationale de l’Hôtellerie était représentée par Monsieur Mero. Ce dernier mis aimablement à la disposition du Comité d’Organisation les salons de l’Hôtel CARLTON. Ce beau coin de la Croisette ne pouvait être mieux choisi pour devenir le berceau de l’association.
Monsieur Jean Médecin, Maire de Nice, Monsieur Antoni, Maire de Cannes, Monsieur G. Olivier, Commissaire général au Tourisme et à l’Information de la Principauté de MONACO ainsi que de nombreuses personnalités et notabilités hôtelières devaient encore honorer le congrès de leur présence au cours des manifestations qui devaient faire de ce pre- mier congrès une réussite mémorable.
« LES CLEFS D’OR » devenaient partie intégrante de l’UNION EUROPEENNE.
Les bases de l’U.E.P.G.H. étant créés, chaque association de concierges d’hôtels dû fonder et enregistrer, dans son pays, sa section sous l’appellation Clefs d’Or (« Clefs d’Or Suisse », « Le Chiavi d’Oro », « Die Goldenen Schlüssel E. V. »…) en adoptant le modèle de statuts défini au cours des grandes réunions de 1952. Dès réception de la confirmation de leur
enregistrement officiel, les « nouvelles » sec- tions durent adresser une demande écrite d’acceptation au sein de l’U.E.P.G.H. (5)
Sur ces bases élargies, l’activité allait s’orienter vers des domaines plus vastes et des avantages nouveaux, avec des moyens accrus dans une collaboration plus efficace.

Note 5

Les demandes d’admission commencèrent à parvenir au siège de l’U.E.P.G.H. dès le mois de juin 1952: Angleterre
(6-6-1952), Allemagne (2-11-1952), Italie (29-11-1952), Suisse (2-5-1953), Belgique (10- 11-1954), Danemark (1954), Autriche (18-9-1954), Suède (5-5-1956), Irlande (10-4-1960), Pays-Bas (1-07- 1960), Norvège(3-4-1962), Espagne(3-4-1962), Maroc (18-2-1964), Grèce (24-2-1965)

Ainsi chaque membre actif s’intégrait automatiquement dans l’UNION EUROPEENNE. L’amicale n’en conserva pas moins son caractère primitif, mais l’attention qu’elle suscitait dans tous les milieux s’en trouva accrue.
Une marque de cette considération grandissante dut réjouir tous les membres lorsque la médaille du mérite touristique vint orner la boutonnière du Président Gillet ; juste récompense de mérites personnels et d’efforts inlassables en faveur de la profession, cette distinction ne manqua pas, à travers la personne du Président, d’honorer l’ensemble du groupement. Conformément aux Statuts et aux résolutions adoptées, les délégués étrangers se mirent rapidement à l’œuvre, créant des comités, des sections nationales et s’organisant partout selon l’esprit qui avait été défini au congrès de Cannes. L’évolution de l’UNION EUROPEENNE allait passer par les mêmes étapes, qui, vingt ans plus tôt, avaient marqué l’ascension des « CLEFS D’OR » naissantes.
Cette évolution se poursuivit à pas de géant. En décembre 1953, se tint à SAN REMO le second congrès international : 172 délégués de neuf nations y participèrent, cinquante congressistes français y affluèrent de toutes les régions.
Création de la REVUE EUROPEENNE, adoption de l’insigne, adresse aux gouvernements respectifs pour obtenir au bénéfice de nos jeunes recrues des facilités nouvelles pour leurs séjours à l’étranger, constituèrent, avec les travaux prévus à l’ordre du jour, le bilan actif des trois journées de travail à SAN REMO.
Les échos éveillés par cette manifestation furent des plus favorables : à vingt mois à peine de sa fondation, on put mesurer avec satisfaction le chemin parcouru.
A la faveur des Grands Congrès, des Réunions du Comité Directeur, des déplacements touristiques et autres manifestations qui rassemblaient périodiquement, dans les lieux les plus divers, les Délégués et Membres de différents pays, l’on assis- tait à un épanouissement spectaculaire. Dans une sympathique communion d’idées se forgeaient et se consolidaient les amitiés confraternelles. Elles sont les ferments de l’efficacité d’action et de la collaboration active que chaque membre met au service de la clientèle, de l’Hôtellerie et du Tourisme, comme il met à profit les connaissances et l’expérience acquises et mises en commun au cours de ces rencontres.
Ce fut Munich en 1954, le Maroc début 1955, le grand Congrès de Paris à la fin de la même année. Ce dernier mérite ici une mention toute particulière. C’est en effet, sous le Haut Patronage de la Direction Générale du Tourisme que, du 24 au 28 novembre 1955, il devait tenir ses assises.
Les « CLEFS D’OR » et le Comité d’organisation bénéficièrent en la circonstance des précieux concours du Conseil Municipal de Paris, du Comité du Tourisme de Paris et du département de la Seine, d’organismes officiels, des principaux hôteliers de Paris, des Membres Bienfaiteurs et Honoraires de l’Association.
Monsieur Boucoiran, Directeur Général du Tourisme, assista en personne, entouré de personnalités nombreuses, à l’ouverture de la première séance du congrès.
Toutes ces marques de considération à l’égard de la profession furent vivement sensibles aux 250 représentants venus de 13 pays différents (Allemagne, Belgique, Danemark, Hollande, Italie, Suisse, Grande-Bretagne,
Irlande, Autriche, France, Suède, Espagne, Maroc) qui étaient réunis
dans les salons des AMBASSADEURS au 3, avenue Gabriel à Paris 8ème.
La série des somptueuses réceptions qui, en marge des travaux du congrès apportait la note d’agrément, devait se terminer par un grand gala des « CLEFS D’OR » françaises, l’Amicale fêtant à cette occasion le jubilé de ses vingt-cinq ans.
Au cours de cette soirée, le Président Gillet remis solennellement une médaille commémorative aux vétérans : Pierre QUENTIN, F. DECHAUME, F. LAURENCOT, S. SAVI, G. DUVAL, F. CARRERE, L. SIGAUT. Geste de reconnaissance en faveur de ces pionniers de la première heure, artisans du rayonnement actuel de l’Amicale.
Une journée supplémentaire devait permettre aux Délégués de répondre à l’invitation du Comité interprofessionnel des Vins de CHAMPAGNE. La visite des célèbres caves de REIMS fut, pour beaucoup, une révélation. Cette journée marqua de façon mémorable la fin du rassemblement Parisien.

 

altLes pages que vous venez de lire sont extraites du livre historique réalisé par les Clefs d’Or France à l’occasion des 80 ans de l’association. Ce livre est en vente au bureau des Clefs d’or.